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"Little Dorrit' (BBC, 2008) d'après le roman de Charles Dickens. Avec Matthew MacFadyen.

Bouteille jetée par Alex , vendredi 21 juin 2013 17:40


"You talk easily of hours, sir. How long do you think an hour is to a man who is choking for want of air?"



Synopsis


"Little Dorrit", voilà comment on surnomme Amy Dorrit, une jeune femme de 21 ans menue mais grande par son courage qui est née et continue à vivre à la Maréchaussée, la prison pour dettes de Londres, prenant soin de son père captif, connu pour être"le Père de la Maréchaussée" tant sa détention fut longue. Libre de sortir pour subvenir aux besoins de sa famille, Amy est recommandée aux Clennam, une famille de riches négociants où elle est employée pour des travaux de couture par Mrs Clennam, une vieille femme solitaire, acariâtre et paralysée des jambes qui, malgré son tempérament autoritaire, la traite avec tendresse. Son fils Arthur revient au pays après quinze ans d'absence pendant lesquelles il a servi de bras droit à son père dans ses affaires en Chine. Sur son lit de mort, son père lui confie une montre à gousset à remettre à sa mère, visiblement torturé par l'idée de "réparer" quelque chose... Obsédé par les dernières paroles de son père, Arthur devine qu'un lourd secret entoure sa famille et il s'apprête à tout mettre en oeuvre pour le découvrir. Pourquoi n'est-ce pas un hasard si Mrs Clennam emploie Amy, elle si peu habituée aux œuvres de charité ? Amy serait-elle impliquée dans ce lourd secret qui pourrait ruiner à jamais la réputation de la maison Clennam  ?  Arthur se lie rapidement d'amitié avec Amy, devient un bienfaiteur pour son père et pourrait bien être sur le point de changer leur vie à jamais.   


Après Les Piliers de la Terre et surtout Ripper Street, je continue ma folle aventure dans la filmographie de Matthew MacFadyen qui est en train de devenir un de mes acteurs fétiches ce qui n'était pas gagné au départ. Je suis tombée sous le charme d'un nouvel period drama Little Dorrit (2008) où il joue l'un des rôles principaux, celui de l'adorable Arthur Clennam, un vrai gentleman. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, cette mini-série n'a pas été distribuée en France ce qui m'a permis de la voir en VO et donc profiter pleinement de la voix profonde et grave de Matthew MacFadyen, parfaite pour la narration et ce n'est pas étonnant s'il a beaucoup lu pour le public comme ce poème de W.B. Yeats que j'écoute avec tant de plaisir, "When you are old" :


L’héroïne de cette série, Amy, interprétée par Claire Foy (connue pour son rôle de Julia dans Being Human) que je ne connaissais pas, a été pour moi une vraie découverte et son personnage est touchant sans être larmoyant, courageuse sans être héroïque et amoureuse sans être niaise. Grâce à l'interprétation de son actrice qui passe très bien de l'humilité et de la discrétion, de la tristesse à l'indignation, c'est un personnage tout en nuance et profondément unique qui va vous toucher, vous attendrir et même vous faire un peu pleurer. Je me suis beaucoup identifiée à elle et je trouve que dans ce genre de period drama où l'on rencontre beaucoup de personnages pauvres, elle se distingue par sa force de caractère et son stoïcisme qui lui permet d'être heureuse même dans sa condition de fille-infirmière pour son père. Elle ne se plains jamais de son sort et c'est peut-être ce qui fait qu'elle mérite d'autant plus d'être aidée par Arthur.

En tant qu’héroïne, elle a bien sûr droit à de très jolies scènes, parfois tendres, parfois poignantes, comme celle où elle jette à l'eau le bouton de manchette d'Arthur qu'elle a conservé, comme une façon de renoncer définitivement à en être aimée puisque sa famille vit à son crochet. Il y a aussi cette scène splendide et très poétique où elle raconte une histoire à son amie Maggy (Eve Myles) qui est une sorte de métaphore de sa relation avec Arthur Clennam, qui est le premier à prendre pitié du sort de sa famille. 

 "Once upon a time there was a princess. And she had everything that you could wish for and a great deal more. Now, near the palace was a cottage in which live a poor, little, tiny woman. All alone. Quite a young one. And one day, the princess stopped at the cottage and said to the tiny woman, "Let me see what you keep there." And the tiny women open her very secret place and showed the princess a shadow. It was the shadow of someone who'd gone by many years ago. "And you keep watch over this every day?" said the princess. "Yes," said the tiny woman. "Because no one so good or kind had ever passed that way ever since." She realized that for all of her gold and silver and diamonds and rubies, she had nothing so precious to her as that shadow was to that tiny woman."

L'une des perles de cette mini-série, c'est aussi le thème musical composé par John Lunn qui revient à chaque moment charnier et dramatique, à la fois triste et intense, lent et rapide ce qui symbolise assez bien les hauts et les bas de l'histoire d'Amy Dorrit. C'est une mélodie qui vous restera en tête, preuve que c'est une très bonne mélodie. Elle me rappelle un peu la musique de Downton Abbey, ce qui n'est pas si idiot puisque John Clunn a aussi. composé pour cette série 

Little Dorrit est aussi très beau esthétiquement avec une photographie à la fois très sombre dnas la partie londonienne, et très colorée et lumineuse dans les moments passés en Italie par la famille Dorrit et particulièrement à Venise, un lieu vraiment emblématique pour moi que je retrouve toujours avec tendresse à l'écran. Les scènes à Venise ont toutes un coté très intimistes et poétiques et c'est un moment pour Amy de grand émerveillement qu'on partage avec elle très facilement. 

Le grand intérêt de cette série, c'est bien sûr le mystère qui entoure la famille d'Arthur Clennam et qui implique Amy Dorrit derrière les dernières volontés de son père : "Arthur... Your mother... Put it right..." et derrière l'enigmatqiue inscription cachée dans la montre à gousset de son père "Do not forget". Réparer quoi ? Ne pas oublier quoi ? Qui les Clennam ont-il lésé ? Pourquoi cela déshonorerait-il autant les Clennam ? Mrs Clennam (Judith Parfitt) et son domestique Mr Flintwinch semblent être mieux renseignés que les autres mais restent plus silencieux qu'une tombe sur le sujet. Mais Blandois, un notoire meurtrier français (Andy Serkis) qui fait plus froid dans le dos que Gollum va rapidement découvrir leur secret et, bien sûr, leur tirer les vers du nez, moyennant sonnantes et trébuchantes pour payer son silence... 

Comme beaucoup de period drama, Little Dorrit brille par ses personnages secondaires. Tom Courternay, qui joue le père d'Amy, William Dorrit, joue avec beaucoup de justesse ce personnage, à demi-fou, bouffi de fierté mais aussi souffrant de sa captivité qui n'en finit pas.  Je pense à une scène très poignante en particulier à l'épisode 4 qui est peut-être le climax de sa détresse. Vraiment heart-breaking :
"What does it matter whether I eat or starve? What does it matter whether such a blighted life as mine comes to an end, now, next week, or next year? What am I worth to anyone? Oh, Amy ! If you could see me as your dear mother saw me. I was young, I was accomplished, good-looking and people sought me out, and envied me. They envied me! And yet I have some respect, here. I am not quite trodden down. Go out and ask who is the chief person in the place. They'll tell you "it's William Dorrit". Go and ask who is never trifled with, and they'll tell you "it's William Dorrit". Go and ask what funeral here will make more talk, yes and perhaps more grief, than any that has ever gone out at the gate. They'll tell you "Its William Dorrit." William Dorrit.!William Dorrit! William Dorrit!"
Il y a aussi John Chivery, le fils du gardien de la Maréchaussée, qui est très touchant en amoureux transi et qui a plusieurs scènes vraiment privilégiées pour un personnage si secondaire. Je ne connaissais pas Russell Tovey, encore un revenant venu de Being Human mais j'ai hâte de le revoir dans d'autres productions. Plus que tout, j'ai été très touchée par le personnage de Maggy, l'amie d'Amy, qui est retardée mentalement n'ayant pas évolué depuis ses dix ans à cause d'une fièvre. Elle est vraiment touchante et très bien jouée par Eve Myles qui a beaucoup de talent et qui joue son rôle avec beaucoup de justesse. Et, on retrouve avec plaisir Arthur Darvill, ce cher Rory dans Doctor Who bien que son personnage ne soit pas des plus réluisants et marquants. Any way, ça fait plaisir de revoir sa frimousse rousse.

En bref, autant pour son casting que pour Matthew MacFadyen, pour la BBC ou pour Dickens, ne ratez pas Little Dorrit si vous avez l'occassion de vous le procurer. Vous vous offrirez un moment bien divertissant plein de mystère, de tendresse, d'amitié et un peu d'amour... Little Dorrit est parfait pour l'été qui commence aujourd'hui. 

Où se procurer Little Dorrit ?


Little Dorrit (BBC, 2008), une mini-série produite par Andrew Davies de 14 épisodes de 29 minutes, d'après le roman de Charles Dickens. Avec Claire Foy (Amy Dorrit), Matthew MacFadyen (Arthur Clennam), Tom Courtenay (William Dorrit), Judith Parfitt (Mrs Clennam),  Russell Tovey (John Chivery), Freema Agyeman (Tattycoram), Eve Myles (Maggy), Arthur Darvill (Edward "Tip" Dorrit) et Andy Serkis (Rigaud/Blandois).

Disponible pour EUR 26, 49 (VO uniquement)






Sixième contribution au mois anglais, organisé par Lou et Titine.

"Les Piliers de la Terre" (2010), une mini série d'après le roman de Ken Follett

Bouteille jetée par Alex , mercredi 6 mars 2013 11:53

Les Piliers de la Terre (The Pillars of the Earth - 2010), une mini-série de huit épisodes d'après le roman éponyme de Ken FOLLETT. Produit par Ridley Scott. Avec Ian McShane (Waleran Bigod), Rufus Sewell (Tom le Bâtisseur), Matthew MacFadyen (Prieur Philip), Eddie Reydmayne (Jack Jackson), Hayley Atwell (Aliena) et Natalia Worner (Ellen).

Synopsis


Dans l'Angleterre du XIIème siècle, le royaume vit une heure charnière où la grande Histoire autant que plusieurs histoires individuelles, nourries d'ambition, de gloire, de rêve, de piété et d'amour, sont en marche et risquent de changer le monde obscur et sans perspective que les protagonistes connaissent. L'essentiel de l'action se déroule à Kingsbridge, un village fictif, où voit le jour un projet de construction initiée par le prieur Philip et d'après l'oeuvre visionnaire de Tom dit "Le Bâtisseur" qui rêve de construire une cathédrale, grandiose et à la gloire de Dieu, De cette cathédrale naîtra l'art gothique... à moins que des obstacles insurmontables n'en bloquent l’achèvement, manigancés par l'ambitieux et machiavélique Waleran, un homme d'Eglise sans foi ni loi. 

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas une série de la BBC que je vous présente à l'instar de North & South ou de Robin des Bois mais, à l'image de cette dernière, je semble avoir élu domicile au Moyen-Age ces derniers temps. Pas de hors-la-loi cette fois-ci dans Les Piliers de la Terre mais une aventure humaine mêlant fiction et Histoire (comme on les aime !) qui aboutie à quelque chose de très réaliste grâce au jeu impeccable des acteurs. Le royaume d'Angleterre est à la fois présenté vu d'en-haut à la cour où les intrigues royales et les rivalités entre seigneurs pour conserver ou gagner le pouvoir ou un titre vont bon train mais surtout par le bas, parmi les petites gens: de modestes moines loin de la pompe ecclésiastique, un bâtisseur et sa famille, une guérisseuse et son fils doué de ses mains mais timide et taciturne,une vie simple marquée par les foires, les pèlerinages et les marchés provinciaux.

On suit en même temps plusieurs intrigues dans différents lieux qui finissent par toutes se rejoindre. Vous allez me dire : on ne s'y perd pas ? Pas du tout car dès le début, le spectateur est pris par la main et peut mieux visualiser l'ensemble grâce à une carte interactive qui apparaît à chaque fois que le lieu change. C'est très pratique et bien pensé et, étant une amoureuse des vieilles cartes, ça n'a pu que me plaire.

Statue de Ken Follett
Cette série est l'adaptation du roman du même nom de Ken Follett (qui fait une petite apparition en caméo dans l'épisode 7 en plus d'être l'un des scénaristes de la série) et sa suite, Un monde sans fin a aussi été adaptée cette année. Sans l'avoir lu, on sent que ça doit être une oeuvre très dense inspirée par la fascination de l'auteur pour les cathédrales, du savoir-faire des bâtisseurs au Moyen-Age, de leurs voyages aux quatre coins de l'Europe pour perfectionner leur art et, surtout de leur patience et, quelque part, leur sacrifice, d'attendre parfois des siècles pour achever une cathédrale, sans pouvoir la voir de leurs propres yeux.

Tom le Bâtisseur (Rufus Sewell)
Autant le livre que la série sont faites pour les amoureux d'architecture et particulièrement de l'art gothique. Ken Follett s'est inspiré à la fois de la cathédrale de Wells et de celle de Salisbury pour imaginer la cathédrale de Kingsbridge. On suit deux générations de bâtisseurs : Tom (Rufus Sewell) qui en a le rêve fasciné par les effets de lumière dans une cathédrale qui a en tête un projet moins ambitieux que son continuateur et disciple, Jack Jackson (Eddie Redmayne), parfaisant ses talents auprès d'autres maîtres en voyage en France sur le chantier de la cathédrale de Saint-Denis. Il y apprendra le secret des croisées d'ogives pour construire non pas une voûte en bois mais en pierre sans déséquilibrer la base grâce aux connaissances dans la géométrie d'Euclide apprises en France (en Espagne dans le livre).

Jack Jackson (Eddie Redmayne)
Toutefois, avec le joli minois de Jack, l'architecture n'est pas le seul intérêt de cette série où l'on suit autant la construction de la cathédrale que l'évolution des relations entre certains personnages, dictés par le désir et l'amour. Jack s'éprend rapidement de la fille d'un comte, bientôt déchu, Aliena de Shiring (Hayley Atwell) mais, à cause de sa timidité et de nombreux obstacles (notamment plusieurs rivaux...), leur relation patauge un peu ce qui la rend d'autant plus intéressante qu'on est autant dans l'inconnu que Jack sur les vrais sentiments d'Aliena à son égard. 

Aliena (Hayley Atwell)
Il faut dire que les choses de l'amour, ça ne l'intéresse pas beaucoup puisqu'elle est hantée par une mission : celle de venger son père et de retrouver pour son frère les droits et titres du comté de Shiring volés par une famille ambitieuse, les Hamleigh. Ainsi, même si la romance est au coeur de cette série autant que certaines scènes d'action (des batailles pour la plupart), rien n'est joué d'avance, rien ne dit que le dénouement sera celui que le spectateur attend ce qui nous met en haleine durant ces huit épisodes. 

Prieur Philip (Matthew MacFadyen)
Comme je l'ai dit plus haut, je suis très admirative du jeu des acteurs. Matthew MacFadyen (Prieur Philip) est beaucoup plus convainquant dans son rôle d'un moine, puis d'un prieur honnête mais fin politique pour mener à bien son projet de cathédrale, beaucoup plus dans d'autres de ces films comme Joyeuses funérailles (et même, dans Orgueil et préjugés...) par exemple où il m'avait un peu déçue en surjouant un peu ses émotions. C'est un rôle sobre mais il arrive à faire dégager de son personnage une grande force et beaucoup de charisme.. 

Waleran (Ian McShane)
Le casting jongle à la fois entre des talents confirmés et de sympathiques découvertes et je suis assez conquise par ce choix-là étant donné que les deux acteurs qui m'ont le plus marqué dans leur personnalité y correspond. Le personnage de Waleran, joué par Ian McShane, est pour le moins odieux : pourri jusqu'à la moelle, il est ambitieux, intrigant, manipulateur et cruel. Toutes les qualités en somme pour en faire un parfait ecclésiastique... Seul petit bémol: son personnage est tout ce qu'il y a de plus manichéen mais là où il aurait pu être ridicule sous les traits d'un autre acteur, le talent indéniable de Ian McShane le rend plus profond et plus crédible même dans ses excès de machiavélisme. 

Ellen (Natalia Worner)
Pour contrebalancer, le personnage d'Ellen, une guérisseuse et la mère de Jack Jackson, est un personnage certes plus en retrait que le plupart mais avec une personnalité bien marquée qui rend son personnage l'un des plus intéressants de la série. Jouée par une actrice allemande plutôt sexy Natalia Worner, Ellen est une femme des plus modernes dans e monde médiéval : anti-conventionnelle, à la féminité décomplexée, c'est un personnage haut en couleur d'autant plus qu'elle est le clé d'un secret qui pourrait bien faire pencher la balance en faveur des justes. En règle générale, les personnages féminins ne sont pas du tout caricaturaux dans cette série : elles sont des femmes de tête et elles ne se laissent pas dictées leur conduite par n'importe qui. 

Petit clin d'oeil historique et littéraire, l'intrigue m'a beaucoup fait pensé à la pièce de théâtre de T.S Eliott Murder in the cathedral sur la rivalité entre le pouvoir temporel et spirituel, entre le royaume et l'Eglise autour du meurtre véridique en 1170 de Thomas Beckett, l’archevêque de Canterbury dans sa propre cathédrale. Cela intensifie le brouillage qu'il y a dans cette série (et visiblement dans le livre) entre l’Histoire et la fiction.

Quant à la suite de cette série, Un monde sans fin qui, à défaut de voir revenir les mêmes personnages met en scène leurs descendants au XIVème siècle, je vous la conseille tout autant ! Même si j'ai eu du mal à accrocher dès le début (dur d'abandonner des personnages qu'on a aimé pendant huit épisodes), elle a gagné en intérêt au fil des épisodes même si elle est nettement plus sombre que la première série. Il faut dire qu'on est en pleine guerre de Cent Ans et que la ville et les habitants de Kingsbridge n'ont pas du tout les faveurs du pouvoir...

Où se procurer Les Piliers de la Terre ? 


  • La série est disponible en DVD au prix de EUR 15, 70 sur Amazon
  • Si la série vous a conquise comme moi, vous pouvez aussi vous procurer le roman de Ken Follett dont il est l'adaptation pour EUR 10, 64 en Livre de poche.


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