“And let them pass, as they will too soon,
With the bean-flowers' boon,
And the blackbird's tune,
And May, and June!"
Robert Browning

Vous vous en souvenez peut-être, l'an dernier en juin était célébré le jubilé de diamant de la reine Elizabeth II et cette année, hasard du calendrier, le mois de juin sera
le mois anglais, organisé par
Lou et
Titine ! Le principe est simple : faire de juin un mois
so british en privilégiant des lectures d'auteurs anglais ou dont l'intrigue se déroule en Angleterre. En tant qu'anglophile, je ne pouvais pas rater ça !
Mais comme l'Angleterre regorge de talents en dehors de ses écrivains, le mois de juin ne serait pas anglais sans regarder de bons films et de bonnes séries britanniques (pourquoi pas revoir pour la dixième fois l'adaptation de
North & South ou de
Jane Eyre ?), flâner dans de beaux jardins à l'anglaise ou dans une expo, tester des recettes typiques (car les Anglais savent cuisiner, non mais !) ou préparer un vrai
tea time ! Et si vous avez la chance de prendre le ferry ou l'Eurostar en juin, n'hésitez pas à raconter votre voyage et surtout de montrer vos plus belles photos ! Et bien sûr, ça n'inclue pas les nombreuses belles surprises que le mois anglais nous réservera !

Je ne suis pas très douée en planification comme mon
dernier programme de lecture peut le rappeler, mais je vous présente tout de même mon programme de choc pour ce mois anglais, volontairement très large. Je suis bien sûr ouverte à toute lecture commune si un de mes choix vous fait envie vu que le mois anglais est fait pour être un moment de partage !
Coté Lecture :
- Les Forestiers de Thomas Hardy
- Labyrinthe de Kate Mosse
- Poèmes portugais de Elizabeth Browning
- Pierre de Lune de Wilkie Collins
- Les Confessions de Mr Harrison d'Elizabeth Gaskell
- Sépulcre de Kate Mosse
- The Importance of Being Earnest d'Oscar Wilde (Théâtre)
- Une folie meurtrière de P.D James
- Agnès Grey d'Anne Brontë
- L'homme invisible de H.G Wells
- Le mystère d'Edwin Drood de Charles Dickens
- Villette de Charlotte Brontë
- A Study in Scarlet d'Arthur Conan Doyle
- Heart of Darkness de Joseph Conrad
- Dommage qu'elle soit une putain (Théâtre) de John Ford
Il y a déjà des lectures communes prévues comme :
-
Le 5 juin : Les Forestiers de Thomas Hardy pour
Cléanthe et Lou. Je vais essayé de participer à celle-ci, peut-être avec un autre livre plus court de Hardy comme
Les contes du Wessex.
-
Le 8 juin : Dark island de Vita Sackville-West pour
Eliza,
Shelbylee et Titine
-
L’affaire de Road Hill House de Kate Summerscale pour Lou,
Miss Léo,
Lisou, Val et Titine.
-
Une autre histoire de Londres de Boris Johnson pour
Maggie et Titine
- Un livre au choix de Barbara Pym pour Lou et Titine
Coté films et séries :
- Hamlet de Kenneth Branagh
-
Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock
- Sueurs froides d'Alfred Hitchcock
- Snatch de Guy Ritchie
- The Ghost Writer de Roman Polanski
- De grandes espérances de Mike Newell (2012)
- A Room with a view de James Ivory
- Maurice de James Ivory
- Tamara Drewe de Stephen Frears

- Les adaptations de Jane Austen que je n'ai pas encore vu : au choix
Northanger Abbey,
Mansfield Park (1999, 2007), Emma (1995, 2009),
Sense & Sensibility (2008) et
Persuasion (2007)
- Upstairs, Downstairs (2010)
- Brideshead Revisited (2008)
- Little Miss Dorrit
- Cranford
- The Hour (2011)
Coté cuisine :
Chez
Méloë, il y a une super page spécialement conçue pour les anglophiles avec entre autres plusieurs recettes de cuisine anglaises (principalement des douceurs sucrées) que je compte bien essayet en juin ! Ce qui est génial, c'est qu'elle raconte toujours un peu des anecdotes historiques sur ces recettes.La dernière en date, c'est l'
Eton Mess à base de fraises, de meringue et de crème chantilly maison. Ça a l'air d'être un régal et très facile à réaliser !
Coté expos :
Pour l'instant, je n'ai qu'en vue
L'ange du bizarre au musée d'Orsay mais, en cherchant plus, il doit y avoir des tas de choses à voir qui touchent de près ou de loin nos amis anglais ! Si vous avez des suggestions, je suis preneuse !
Alors, tenté(e)s ? :)
By the way, n'oubliez pas que vous pourrez voir
Parade's End les 7 et 14 juin sur Arte à 20h50 à l'occasion du mois anglais !
 |
Jude Law & Stephen Fry (Alfred Douglas &
Oscar Wilde dans Oscar Wilde) |
"I am one of those who are made for exceptions, not for laws." (Oscar Wilde, De profundis)
Joyeuse Saint-Patrick !
Pour l'occasion, "
Un mois, un extrait" prend ce mois-ci les couleurs de l'Irlande en mettant à l'honneur Oscar Wilde, l'un de mes auteurs fétiches qui fait partie avec James Joyce des plus célèbres auteurs irlandais.
Petite piqûre de rappel sur ce rendez-vous mensuel sur mon blog:
Qu'est-ce qu'"Un mois, un extrait" ?

C'est un rendez-vous mensuel que j'ai créé pour varier mes lectures et multiplier les moments de partage entre ceux qui me lisent et moi-même.
Avant chaque premier du mois, il suffit de
me contacter et de me faire parvenir vos idées
soit par courriel (l'adresse est disponible dans la rubrique « Contact », voir en haut de page), soit me laisser un commentaire en bas de ce billet ou sur la page Facebook de « La Bouteille à la Mer ».
Vous pourrez écrire votre propre article en invité. Aucune obligation de posséder un blog ou d'être un(e) grand(e) spécialiste en littérature. C'est surtout le partage qui compte qui que vous soyez et quelques soient vos goûts. Je suis toujours curieuse de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux genres et c'est l'occasion !
"Dans les épisodes précédents", "Un mois, un extrait" a fait découvrir :
Vous pouvez retrouver l'intégralité des articles et leurs extraits dans la rubrique "Un mois, un extrait" en haut de page
L'extrait qui va suivre est tiré de la lettre écrite par Oscar Wilde à son amant Alfred Douglas, mieux connue sous le titre De profundis, écrite dans sa geôle dans la prison de Reading. C'est plus ou moins à l'identique le texte que j'ai dû traduire et commenter il y a deux ans à l'épreuve d'anglais de l'ENS de la rue d'Ulm. Une fois n'est pas coutume, je l'ai laissé tel quel en anglais ce qui restitue mieux l'expressivité de cette lettre.
Ces quelques lignes traduisent ce qui se joue dans l'expérience de la prison et de ses effets une fois sa libération acquise. L'imminence de la liberté telle qu'Oscar Wilde l'entrevoit, loin d'être idéalisée, est regardée en face non seulement pour la masse des inconnus incarcérés mais surtout pour celui qui, après avoir été réduit à n'être qu'un homme comme les autres parmi les gens du commun, ne pourra pas passer inaperçu une fois dehors. La satire sociale dénonce dans quel état d'abandon la société laisse les anciens détenus, sans égard au mal infligé.
Mais, Wilde fait forcément exception. Face à la destruction, la bêtise et la méchanceté du dehors, c'est par la création et l'art qu'il pourra atteindre sa véritable libération. Se reconstruire passe par là où l'artiste et l'homme qui a souffert, la perfection et l'imperfection ne feront qu'un.
Étrangement, ce témoignage sur l'expérience carcérale entre en résonance avec une programmation sur la prison toute une journée sur France Culture qui avait pour thème
"24h en prison: Surveiller, punir... et après ?" et qui m'avait beaucoup touché. Si vous l'avez raté, et que le sujet vous intéresse, vous pouvez toujours podcaster les émissions de cette journée sur le site de France Culture, notamment un entretien avec
Gabriel Mouesca, un militant indépendantiste basque qui a passé 17 ans en prison pour ses idées.
Oscar WILDE - De Profundis
 |
| Oscar Wilde |
« Many men on their
release carry their prison about with them into the air, and hide it
as a secret disgrace in their hearts, and at length, like poor
poisoned things, creep into some hole and die. It is wretched that
they should have to do so, and it is wrong, terribly wrong, of
society that it should force them to do so. Society takes upon itself
the right to inflict appalling punishment on the individual, but it
also as the supreme vice of shallowness, and fails to realise what it
has done. When the man’s punishment is over, it leaves him to
himself; that is to say, it abandons him at the very moment when its
highest duty towards him begins. It is really ashamed of its own
actions, and shuns those whom it has punished, as people shun a
creditor whose debt they cannot pay, or one on whom they have
inflicted an irreparable, an irremediable wrong. I can claim on my
side that if I realise what I have suffered, society should realise
what it has inflicted on me; and that there should be no bitterness
or hate on either side.
 |
| Alfred Douglas |
Of course I know that
from one point of view things will be made different for me
than for others; must indeed, by the very nature of the case, be made
so. The poor thieves and outcasts who are imprisoned here with me are
in many respects more fortunate than I am. The little way in grey
city or green field that saw their sin is small; to find those who
know nothing of what they have done they need go no further than a
bird might fly between the twilight and the dawn; but for me the
world is shrivelled to a handsbreadth, and everywhere I turn my name
is written on the rocks in lead. For I have come, not from obscurity
into the momentary notoriety of crime, but from a sort of eternity of
fame to a sort of eternity of infamy, and sometimes seem to myself to
have shown, if indeed it required showing, that between the famous
and the infamous there is but one step, if as much as one.
Still, in the very fact
that people will recognise me wherever I go, and know all about my
life, as far as its follies go, I can discern something good for me.
It will force on me the necessity of again asserting myself as an
artist, and as soon as I possibly can. If I can produce only one
beautiful work of art I shall be able to rob malice of its venom, and
cowardice of its sneer, and to pluck out the tongue of scorn by the
roots.
And if life be, as it
surely is, a problem to me, I am no less a problem to life. People
must adopt some attitude towards me, and so pass judgment, both on
themselves and me. I need not say I am not talking of particular
individuals. The only people I would care to be with now are artists
and people who have suffered: those who know what beauty is, and
those who know what sorrow is: nobody else interests me. Nor am I
making any demands on life. In all that I have said I am simply
concerned with my own mental attitude towards life as a whole; and I
feel that not to be ashamed of having been punished is one of the
first points I must attain to, for the sake of my own perfection, and
because I am so imperfect. »
Où se procurer De profundis ?
Vous pouvez lire cette lettre dans son intégralité en français dans son édition GF pour
EUR 6, 65 et en langue originale pour
EUR 3, 76.
 |
| Arthur Rackham, Maid Maleen (détail) |
"De quoi aurais-je peur ? Ce ne sont pas les ténèbres qui nous entourent ici. La véritable obscurité est celle de la mort et c'est elle que je crains. Vous est-il déjà arrivé, Adhémar, de vous redresser au milieu de la nuit, haletant et terrorisé, parce que vous aviez entrevu la possibilité du néant ? (...) C'est la Beauté du monde qui m'aide à conserver ma foi. Contempler la nuit m'ôte pour l'instant tous mes tourments."
L'intrigue
Clothilde & Adhémar nous plonge d'emblée au cœur du
Moyen-Age mais plus qu'un tableau d'époque, il raconte l'histoire
d'une rencontre imprévue dans un monde fait de conventions et de
barrières qui va révéler les désirs de liberté de certains
personnages et leur faire expérimenter tous les moyens de les
assouvir. Lorsqu'Adhémar arrive plus mort que vif au château de
Crussol, tout un mystère l'entoure : personne ne sait qui il
est, d'où il vient et ce qui l'a mis dan cet état misérable.
Personnage au passé trouble et de nature taciturne, il ne va pas
moins se lier d'amitié avec le fidèle chevalier Enguerrand mais
surtout avec la dame de céans, Clothilde, déjà très vite
intriguée par le jeune homme. Ces deux relations autant humaines
qu'étranges, amoureuses que passionnelles, va les amener jusqu'à
l'exploration de leurs limites les plus intimes...
Une fois n'est pas coutume, j'ai la chance de vous parler d'un roman
contemporain écrit par un auteur non pas déjà mort et enterré
mais par une jeune femme, Adeline Arénas, qui en plus d'avoir mon
âge est aussi une de mes plus proches amies. Elle a signé avec
Clothilde et Adhémar son premier roman, publié en 2010 et
depuis, elle est l'auteur d'un roman-feuilleton gothique, Le
Manoir d'Erèbe, publié cet été dans Le Dauphine Libéré.
A 22 ans, c'est ce qui s'appelle un début de carrière bien mené.
Jeune femme de lettres, Adeline suit aussi actuellement des études
en Lettres Modernes en Master 1 à Lyon.
Passionnée par le XIXe siècle, le dandysme et le rock garage, elle
a depuis que je la connais un maître à penser, à écrire qui n'est
autre qu'Oscar Wilde à qui elle rend hommage dans son premier roman
(c'était une promesse faite à elle-même) avec une citation de La
Ballade de la Geôle de Reading en exergue
« Pourtant chaque homme tue l'être qu'il aime.
- Que tous entendent ces paroles !
Certains le font avec un regard dur,
D'autres avec un mot flatteur ;
Le lâche, lui, tue avec un baiser,
Et le brave avec une épée. »
 |
| A. Hughes, Le Coeur en Peine |
De Wilde mais surtout d'elle-même, je dirais qu'elle hérite d'un goût pour le dépassement des interdits et de la simple dichotomie entre le bien et le mal qui laisse ouvert une large galerie de possibles pour expliquer les actions et les réactions de ses personnages comme Clothilde, Enguerrand et Adhémar. Tout cela donne une grande originalité à ce qu'elle écrit, beaucoup de maturité aussi ce qui estompe l'idée qu'on peut avoir d'un roman de jeunesse. Clothilde & Adhémar est d'ailleurs aussi une sorte de roman d'apprentissage où certains personnages comme Clothilde deviennent véritablement adultes en étant confrontés au désir, à l’ambiguïté des sentiments et au dépassement d'eux-mêmes. Même la scène de la première rencontre entre Clothilde et Adhémar, qui pourtant fait penser au célèbre
« leurs yeux se rencontrèrent » de
La Princesse de Clèves (et je sais combien Adeline déteste ce roman!), est moins classique qu'il n'y paraît. Il y a comme un magnétisme qui les lient l'un à l'autre comme si la vue d'Adhémar était ensorcelante ce qui, de ce fait, donne une autre dimension à leur relation.
Eros & thanathos, le désir et la mort, sont deux
aspects qui lient les personnages entre eux ce qui fait de Clothilde
& Adhémar un véritable roman gothique où la pâleur des
personnages, comme Adhémar, leur donne l'aspect de fantômes qui
hantent le monde dans l'attente d'être libérés de leurs tourments
terrestres. Cette présence omniprésente de la mort et du poids du
passé pour ces personnages n'a rien d'anecdotique étant donné
qu'Adeline m'a confié que son roman a été écrit dans une période
difficile, sombre et étrange suite à plusieurs deuils.
 |
| F. Cadogan Cowper, Rapunzel |
Cet aspect presque autobiographique n'est pourtant pas la seule
inspiration de ce roman. Il ne s'agit pas seulement d'extérioriser
des expériences personnelles même si du vécu se retrouve dans
l'histoire comme la scène où Clothilde chante dans la nuit pour
appeler celui qui ne vient pas. Son roman est né aussi de sa volonté
de se laisser porter par le bon moment, la bonne atmosphère et la bonne
musique qui donne envie d'écrire. Cette importance de la musique
pour l'écriture d'Adeline explique peut-être un certain lyrisme, dans son style surtout dans les premières pages et dans les
descriptions de la nature qui rappelle les romans romantiques.
Cette influence du gothique et du romantisme se retrouve dans la
personnalité tourmentée et désenchantée d'Adhémar qui a comme un
« démon » en lui, sans aucune connotation
satanique là-dedans mais seulement sous l'effet du passé qui a
altéré son âme. Son personnage m'a beaucoup fait pensé au
personnage de Maldoror dans Les Chants de Maldoror de
Lautréamont, comparaison approuvée par Adeline bien qu'elle n'y ait
pas pensé elle-même. Ils ont la même fascination pour la
mutilation et la même beauté étrange quoiqu'Adhémar ne soit pas
une figure à proprement parlée maléfique comme Maldoror. C'est
peut-être le personnage le plus intéressant du roman bien que j'ai
une affection particulière pour Enguerrand qui selon Adeline est
« le seul type normal qui se déplace autour des fous ».
Ce que je trouve admirable, c'est que ce roman s'éloigne des
codes du roman habituel et notamment du modèle du triangle amoureux
dans la mesure où les amours tendancieux qui se lient ne produisent
pas même un soupçon de jalousie de la part du mari de Clothilde,
Raymond d'Ulmée. Il faut dire qu'ils ont pour eux le voile du
secret, de mystère comme si tout se passait en coulisses, à l'abri
des regards et des conventions.
 |
| Dante-Gabriel-Rossetti, How Sir Galahad, Sir Bors and Sir Percival were-fed with the Sanc Grael |
Cette originalité naît aussi d'un traitement tout particulier de
l'univers médiéval qui n'est pas à proprement parlé réaliste
mais en quelque sorte plus raffiné et plus stylisé.. Quand je lui
ai posé la question de son rapport précis avec le Moyen-Age,
Adeline m'a étrangement révélée qu'elle détestait
particulièrement cette époque. Il faut dire qu'ils sont « tellement
sales » au Moyen-Age ! Pourquoi le Moyen-age alors ? Les
préraphaélites et Gaspard de la nuit l'ont beaucoup inspiré
comme des représentations plus adéquates, plus « propres »
mais aussi plus romantiques, pour donner corps à ses personnages.
Pour empêcher tout anachronisme, cet ancrage médiéval a nécessité
quelques contraintes comme le fait de ne pas pouvoir parler de velours mais plutôt de « vert chatoyant » mais l'effet demeure
le même !
 |
| Ruines du château de Crussol |
Ainsi, le cadre temporel est à relativiser autant que le cadre spatial : la même histoire aurait pu se passer à notre époque
ou au XIXe sans que l'intrigue ou les personnages en soient modifiés.
C'est en cela que Clothilde & Adhémar qui a pourtant
comme sous-titre « une légende de Crussol », en
référence aux ruines du château de Crussol en Ardèche dont la vue
répétée a inspiré le roman, n'en fait surtout pas un roman
régionaliste, seulement destiné aux amoureux de l'Ardèche
profonde. Publier quelque chose de local était un simple pré-requis
pour être publiée par sa maison d'édition, « La
Bouquinerie » sans que cela influence véritablement la qualité
du roman. Ce qui compte, c'est bien Clothilde, Adhémar et toute la
psychologie des personnages qui est développée pour mieux saisir
comment se nouent et se dénouent les relations humaines entre jeunes
gens portés à chaque instant par leurs désirs, sans égard aux
conséquences.
 |
| Dante Gabriel Rossetti, Salutation of Beatrice |
Trois ans après sa publication, j'ai voulu savoir quelle relation
Adeline avait encore avec son premier roman, si elle en était fière
et si ses personnages étaient définitivement abandonnés pour
laisser la place à d'autres. Elle m'a avoué ne pas l'avoir encore
relu dans son format papier un peu comme ces acteurs qui ne revoient
pas les films où ils ont tournés. Bien qu'elle soit très fière
d'Adhémar, elle pense avoir tout dit à leurs propos ce qui annonce
pour ses prochains romans d'autres rencontres dont j'ai
personnellement une petite idée en suivant ses écrits non encore
publiés de très près, les lisant avec plaisir dans l'attente de
vous les présenter ici.
Comme je sais qu'elle nous prépare un autre roman pour bientôt, je
ne peux que lui souhaiter d'en faire un encore meilleur que Clothilde
é Adhémar, ce qu'elle arrivera à faire sans difficulté vu son
talent.
Où retrouver Adeline Arénas ?
Adeline tient un joli
blog avec une déco qui lui ressemble (sombre, londonienne et gothique) et un contenu très varié où sont conviés par exemple
Sherlock Holmes,
Jack White,
Dante Gabriel Rossetti et Edward Rochester en coulisses... Des nouvelles, des essais (dont un sur
le roman gothique) : autant de façons de suivre son actualité littéraire !
Où se procurer Clothilde et Adhémar ?
Deux possibilités : à la
Fnac pour
EUR 12, 35.
Comme un billet sur un roman d'Adeline ne peut pas se faire sans un peu de musique, je vous laisse en compagnie de cette playlist qui regroupe quelques titres qui l'ont inspiré dans l''écriture de son roman ou qui me l'ont rappelé comme la chanson de Donovan. A noter que "Truth begins" de
Dirty Pretty Things l'a aidé à amener son roman chez son éditeur. Bonne écoute !